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 Leïh Sinn Kyn'Havren

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Leïh Sinn Kyn'Havren
Ambassadrice d'Edinn
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Messages : 97

Caractéristiques
Age: 21 ans
Arme(s): rapière
Pouvoir: Manipuler la lumière

MessageSujet: Leïh Sinn Kyn'Havren   Sam 17 Sep - 20:21

LEIH SINN KYN'HAVREN

Nom : Kyn'Havren

Prénom : Leïh Sinn

Age : 21 ans

Sexe : Féminin

Votre race : humaine

Votre tribu : Taslyn

Pouvoir correspondant : manipuler la lumière

Description physique :

« S'il y a bien un objet devant lequel on ne peut mentir, c'est un miroir. C'est sans doute parce que l'on ne peut pas fuir son reflet ni se dire que ce que l'on voit n'est qu'une illusion qu'un miroir a quelque chose de terrifiant. Mais ce que l'on y voit est toujours nôtre et peut changer si facilement, lorsqu'on le veut… »

Des yeux émeraude cerclés d'or qui se posent sur vous en un instant, des iris pétillants bordés de grands cils noirs que longent de fins sourcils. Un regard parfois perdu dans des songes mélancoliques, parfois d'une gravité presque intimidante.
Une longue chevelure d'ébène toujours impeccablement coiffée, dansant perpétuellement au gré du vent et caressant un visage de porcelaine lorsque la bise vient le taquiner… Elle s'emmêle quelques fois, c'est vrai, elle traduit ses longs voyages à travers des contrées venteuses mais est soigneusement brossée chaque jour.
Elle a des traits fins, une peau pâle et douce, un nez fin et pointu qui, certes, lui donne un petit air sévère quelques fois… Ses lèvres roses et charnues s'étirent parfois en un léger sourire, cela arrive aussi. Son visage anguleux mais fort agréable à contempler est piqué de petites tâches de rousseur lorsque les beaux jours s'éveillent. Ses joues sont délicatement rosées de fraîcheur et joliment arrondies, ce qui donne un côté poupin à ses traits.
Ses oreilles sont souvent ornées de boucles et de diamants, sa gorge parfois cerclée de perles ou d'un pendentif d'argent et ses poignets d'anneaux de métal.
Dissimulée derrière des mèches de cheveux tombantes et dans l'ombre de son cou, elle a une petite cicatrice qui brise l'harmonie de son teint sans défaut.
Ses membres longs et fins dont l'agilité est parfois déconcertante dessinent une silhouette élancée et souple, nonchalamment soutenue par une canne taillée dans un acajou sombre, au pommeau d'argent et qui, bizarrement, sonne creux… Elle se déplace toujours dans une grande discrétion, de petits pas silencieux s'ils ne sont pas rythmés pas le son sec de son accessoire d'aristocrate.

Que dire de ses vêtements ? Toujours d'une grâce sans pareille : lorsqu'elle se le peut permettre, elle aime porter des couleurs vives et pimpantes qui soulignent la délicate pâleur de sa peau. Toutes les teintes lui vont. Elle aime les robes sophistiquées brodées d'or et d'argent, les fanfreluches et les motifs élégants qui semblent presque s'animer, les tenues assorties qui mettent en valeur sa taille fine et sont parfois plutôt excentriques.
Mais lorsque le moment vient de devoir aller explorer le monde, peut-être même de se battre, la jeune femme sait être raisonnable. Elle opte souvent pour des corsets ou des chemises sans manches, un pantalon suffisamment large, de bonnes bottes fourrées et des protections au bras. Par-dessus cela, elle enfile un gros manteau pourpre bordé de fourrure et joliment décoré… Il lui arrive aussi de revêtir des fragments d'armure tels que des épaulettes ou une côte de maille… Tant qu'elle reste esthétique...

Son allure très droite et digne reflète bien ses origines sociales. Elle ne va nulle-part sans sa canne finement décorée qui, lorsqu'elle s'appuie dessus, lui donne une pose assurée, fière mais prête à écouter.
Avec tout ça, le petit lapin aux grands yeux de jais posté en permanence sur son épaule passe rarement inaperçu…



Caractère :

On pourrait croire qu'il se lit dans ses yeux et son visage fermé. Les personnes qui lui sont inférieurs et les Dornelanthiens pourraient le croire. Mais Leïh est bien plus ambiguë à cerner.

En réalité, elle fait souvent preuve d'un excentrisme exacerbé… Son lunatisme la rend d'autant plus difficile à comprendre qu'elle l'apprécie elle-même tout particulièrement et qu'elle aime manipuler les gens. Elle peut être joyeuse et pimpante, ambitieuse, enthousiaste : déborder de joie de vivre… Mais aussi sévère et fermée, agressive dans les mots et peu avenante. Cela dépend surtout de la personne avec qui elle se trouve : avec ses amies Jahëll et Seilann, elle laisse sa personnalité la plus profondément enfouie ressortir : ouverte et sympathique, pourquoi pas même candide et serviable… Tandis que son éloquence, sa prestance, sa classe et son assurance impressionnent souvent les personnes avec qui elle parlemente. En ces moments-ci, toute son allure compte : elle sait revêtir les habits les plus indiqués, choisir ses mots si assidument que c'en est presque déstabilisant, opter pour une pose qui sait imposer le respect et l'écoute. Tout cela est profondément étudié et Leïh semble toujours très à l'aise au milieu de personnes souvent bien plus âgées qu'elle.

Pourtant, croire de par sa richesse évidente et son regard souvent méprisant qu'elle est une femme aigre et cupide n'est pas si loin de la vérité. Ces deux mots sont bien durs mais inutile de le nier, elle n'aurait pas accepté un poste aussi prestigieux alors qu'elle garde encore de mauvais souvenirs de Dornelanth si ne l'argent ne l'attirait pas. Vivre dans le luxe fait partie d'elle-même. Cependant, elle n'est pas avare : elle pense toujours à aider les autres et ne se dispense jamais de donner quelques pièces aux mendiants. Elle sait se montrer généreuse dans les causes les meilleures.
Pour ce qui est de son côté aigre et amer, les mots sont lourds mais cela va sans dire qu'elle ne porte pas tout le monde dans son cœur : si son métier consiste à parlementer avec eux, elle n'approuve pas toujours les Dornelanthiens (bien qu'elle ne leur manque jamais de respect), n'apprécie pas forcément la présence de personnes ne serait-ce qu'un peu malhonnêtes, et est si fière d'appartenir à la race des Héritiers qu'elle peut parfois avoir des aprioris sur n'importe quelle personne extérieure à Edinn.
Pour résumer, toutes les personnes qui ne se retrouvent pas chez elle par amitié ou par diplomatie subissent ses regards assassins lancés du haut de son trône de noble. En dehors de cela, elle est toujours posée et respectueuse, même avec les humains ordinaires.

S'il y a bien des choses qui lui tiennent à cœur, il serait néanmoins long d'en dresser une liste. Ses amis proches seraient en tête, ainsi que le bon fonctionnement de la ville d'Edinn et le bonheur des Taslyns. Toujours s'améliorer en rhétorique et faire tout ce qui en son pouvoir pour remplir ses responsabilités avec zèle, entretenir son image… Prendre soin de l'adorable petite bête poilue qui est la seule à savoir à quoi elle ressemble lorsqu'elle est attendrie jusqu'au plus profond de son âme, aussi.
Tout un tas de choses, finalement.



Histoire :

La jeune fille était allongée dans l'herbe, sur le ventre, les bras tendus et les jambes s'agitant dans l'air, en rythme. Elle avait plongé ses mains fines et pâles dans l'eau du ruisseau et regardait le liquide clapoter à la surface, brouillant l'image des galets qu'on pouvait apercevoir au fond. Son menton reposait sur l'herbe fraîche et ses cheveux tombaient délicatement sur ses épaules. Elle était vêtue d'une légère robe rose à dentelles blanche et de bottes brunes. A cette époque de l'année, certains endroits de la vallée étaient dépourvus de neige et le ciel était clair. De petits frissons parcouraient l'échine de Leïh de temps en temps, mais ce n'était rien en comparaison à la température de l'eau du ruisseau : absolument glaciale. La jeune Taslyn agita ses doigts et les sécha lorsqu'elle s'aperçut qu'ils avaient tourné au violacé. Elle les serra dans ses poings et poussa un long soupir d'ennui. Au bout de quelques minutes, elle enfila ses gants de cuir et croisa les bras. Elle posa sa tête dans le creux qu'ils formaient devant elle et ferma les yeux. Le froid ne lui faisait presque plus rien.

Soudain, de légers bruits de pas l'extirpèrent de sa torpeur. Elle commença par ouvrir les paupières sans bouger: l'inconnu continua d'avancer. Leïh se mit à genoux en un instant et tourna la tête, prête à prendre ses jambes à son cou s'il le fallait.
Ce ne fut pas nécessaire.

Un jeune homme de son âge se tenait là, quelques mètres derrière elle. Il s'arrêta au moment ou Leïh se relevait, sans paraître surpris. Des cheveux relativement courts, noirs, presque violets encadraient son visage basané en mèches désordonnées mais non sans style. Ses yeux indigo avaient quelque chose de doux et de mystérieux à la fois. Leïh ne put s'empêcher de remarquer la complexité de ses vêtements : il portait une armure légère aux nombreuses ceintures, des bottes aux boucles d'argent… Et une cape. Noir, tout noir.
Le visage tendre de l'adolescente prit un air presque agressif. Méfiante, elle adopta un regard froid, fronça les sourcils et ne dit mot.
Les jeunes gens restèrent à se contempler sans rien dire pendant un moment.
Mais la patience de Leïh avait, à cet âge, des limites. Les secondes de silence l'agacèrent rapidement.


- Vous me suiviez ? demanda-t-elle sévère. Le jeune homme eut un petit sourire perplexe. Il mit un certain temps à répondre. Si on peut considérer ce qui suit comme une réponse.

- Vous êtes noble n'est-ce pas ? Vous êtes loin de chez vous, j'ai bien le droit de me promener ici aussi…

Leïh le regarda avec mépris. Elle redressa la tête pour paraître plus grande mais, même du haut de ses seize ans, elle ne valait pas grand-chose face lui. Il faisait bien trois centimètres de plus qu'elle et paraissait armé. A cet âge…
La jeune fille conclut de ses paroles qu'il était là par pur hasard et qu'il ne lui voulait aucun mal. Mais elle avait une certaine envie de le provoquer.


- Pourquoi ai-je l'impression que vous me manquez de respect ?.. Vous ne devriez pas, je suis bien plus que les apparences… déclara-t-elle sur un ton neutre, sachant que cela suffirait à éveiller la curiosité de son interlocuteur. Elle fit apparaître une petite boule de lumière dans sa main et plongea ses yeux émeraude dans ceux du jeune garçon. Elle avait une irrépressible envie de montrer à ce dernier que les jeunes nobles n'étaient pas des incapables et qu'il ne l'impressionnait pas. De plus, l'ennui qui régnait en permanence chez elle lui offrait rarement ce genre d'occasion.
Mais à sa grande surprise, cela ne fit qu'arracher un rire quelque peu moqueur à l'inconnu. Il continua à la regarder dans les yeux et… Disparu dans un panache de fumée violette. Leïh ouvrit de grands yeux surpris et eut un mouvement de recul. Elle faillit s'étaler dans le ruisseau mais reprit son équilibre à temps, ce qui lui fit tout de même perdre sa boule de lumière. Elle entendit alors une voix derrière elle.


- Bouh… dit-il d'un ton nonchalant.

Leïh se retourna avec vivacité et constata que le jeune garçon s'était téléporté de l'autre côté du ruisseau, dans son dos. Des restes de panaches violets disparurent autour de lui. Il était figé dans une position assortie à son ton, dirons-nous…


- Un Psehr… murmura la jeune fille, les yeux toujours écarquillés.

Le garçon enjamba le ruisseau d'un pas pour se retrouver du même côté que Leïh.


- Bah oui ! dit-il naturellement. Qu'est-ce que tu crois, tu n'es pas la seule à être super exceptionnelle… Un petit sourire sympathique apparu son visage. Il n'était pas du genre rancunier visiblement. Leïh hésita mais elle finit par le lui rendre.

- Oui, c'est sur… souffla-t-elle un peu gênée.


***************


- Tu vas l'épouser, déclara Demiçae d'un ton sec.

Leïh n'en crut pas ses oreilles. En une seconde, des larmes lui montèrent aux yeux et ses lèvres se mirent à trembler de manière pathétique. Elle jeta un regard à l'homme richement vêtu posté près de sa mère qui la regardait avec froideur. Elle tenta de dire quelque chose mais seuls quelques bégayements incompréhensibles sortirent de sa bouche.
Demiçae regarda sévèrement sa fille et lui ordonna d'un regard de ne pas discuter. Le principal concerné descendit quelques marches et s'approcha de Leïh avec lenteur. Il fit une petite révérence machinale et adopta une expression qui se voulait chaleureuse.


- Bienvenue dans la famille… dit-il. Il ne parvint pas à lire son funeste destin dans les yeux plein de dégoût de sa promise.


***************
2 ans plus tard


C'était un jour particulier pour Dornelanth. C'était la fête de l'hiver. Les habitants de la ville organisaient un grand festin pour célébrer l'arrivée de la neige sur les toits. Les rues étaient animées, la musique battait son plein. Les nobles étaient souvent les plus attendus puisqu'ils profitaient toujours de l'occasion pour revêtir les vêtements les plus beaux, souvent assortis au thème des festivités.
Dans un petit coin sombre, entre deux habitations et à l'abri des regards, Leïh et Senerith discutaient joyeusement. Leurs rires se fondaient dans le bruit de la fête et les deux adolescents avaient profité de l'occasion pour se rencontrer sans éveiller les soupçons.


- Tu pourrais me donner les clefs de chez toi, je m'introduirai dans la maison et j'assommerai cet infâme Monsieur Dremozith d'un coup de… d'un coup de quelque chose… Et je profiterai de son sommeil pour le mettre dans la charrette d'un marchand pour qu'il l'emmène loin d'ici… Alors tu seras tranquille et il ne pourrait jamais retrouver le chemin de Dornelanth…

Le rire cristallin de Leïh tinta. Elle posa sa tête sur l'épaule de son ami et murmura d'un ton mélancolique :

- Oui, ce serai bien… Elle se pinça les lèvres pour retenir des larmes et fixa le sol. Senerith passa ses bras autour de sa taille et la serra contre lui. Il déposa un baiser sur sa joue. Et Leïh fit disparaître son visage dans la chemise du jeune homme.

***

- Leïh Sinn ? Leeeeïïïïh !!!! Une voix féminine forte et sèche eut raison de tous les bruits. La jeune Taslyn desserra son étreinte et découvrit un visage noyé de larmes. Elle l'essuya avec ses manches et vint se poster devant sa sœur aînée. Senerith la regarda s'éloigner, inquiet, mais ne sortit pas de l'ombre. Ris Vaëni saisit violemment sa cadette par le poignet et se mit à marcher d'un pas rapide en traînant Leïh derrière elle.

- Où est-ce que t'étais passée encore ? Mère et Monsieur Dremozith ne tolèrent pas que tu t'éloignes… Tu sais bien qu'on doit rester ensemble ! Il n'y avait que de la haine et du mépris dans sa voix.

Près de la place centrale, Ris Vaëni lâcha sa sœur et la lança presque sur son époux qui, curieusement, était seul. Tout autour, les habitants ripaillaient et discutaient bruyamment. Leïh aperçu ses parents et son beau-frère du coin de l'œil, plus loin. Ces derniers furent rejoints par son aînée qui poussa un soupir d'agacement et secoua la tête. Visiblement, ils parlaient d'elle.

- T'étais où ? aboya Monsieur Dremozith. Je ne veux pas que tu ailles faire n'importe quoi dans le quartier des roturiers ou que tu ailles dépenser mon argent en futilités. Combien de fois faudra-t-il que je te dise que je ne veux toujours t'avoir dans mon champ de vision ?

Leïh détourna le regard et se mit à trembler légèrement. Il sentait l'alcool à plein nez. Elle sentait qu'encore une fois, elle allait subir sa colère. C'était un jour comme les autres pour elle, finalement. L'infâme lui saisit le poignet – le même qu'avec sa sœur – et la secoua comme un prunier avec sa force d'homme mûr. Leïh eut à peine le temps d'apercevoir le couteau qu'il avait dans la main. Elle sentit une lame froide lui frôler le cou, les yeux vivement fermés. Et puis un bruit fracassant. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle vit Monsieur Dremozith qui se tenait le nez en hurlant, les mains couvertes de sang. Autour d'elle, un bras protecteur la maintenait à distance. De l'autre, Senerith, menaçait l'époux de son amie avec un cimeterre.

- Ne la touchez pas… murmura-t-il d'un ton que Leïh ne lui connaissait pas.


***************


- Ton petit ami sera exécuté publiquement. Pendu pour être précis. N'est-ce pas merveilleux ? déclara Ris Vaëni avec cruauté, dédain, ironie et haine. Tout ça en même temps.
Ce que lui répondit Leïh fut quelque peu vulgaire.

Cela t'apprendra à aller fricoter avec des roturiers… Quels imbéciles vous avez été tous les deux…

Un peu plus loin, assis sur un trône, Aedosen, le père de Leïh, regardait sa fille les yeux emplis de tristesse. Mais lui était impuissant. Contre sa propre femme, le Tribunal de Dornelanth, la puissance de Dremozith, que pouvait-il faire ?

Leïh sortit en claquant vivement la porte, le regard plein de colère. Elle sortit du manoir familial en furie et se mit à courir. Elle sortit de la propriété, sortit de la ville, traversa le pont levis… Et ne s'arrêta qu'au bord du ruisseau. Elle s'allongea dans la neige. Et ne pleura pas.


***

Le lendemain, Leïh se réveilla, malade. Elle avait la gorge qui la démangeait, mal à la tête et le nez qui coulait. Une femme de chambre déboula dans ses appartements et lui souffla en quelques mots qu'elle devait l'aider à s'habiller, que c'était un ordre et qu'elle n'avait pas le choix. Leïh ne passa pas sa colère sur la pauvre Célèste et se laissa faire, sans rien dire. Lorsqu'elle sortit de sa chambre, Monsieur Dremozith l'attendait avec un sourire sadique. Il avait un bandage sur le nez mais cela semblait de rien enlever à sa fierté. La jeune Taslyn ne posa même pas les yeux sur lui.
Elle fut jetée dans une voiture où elle retrouva sa sœur et sa mère qui ne lui adressèrent pas un mot. Lorsque la voiture s'arrêta, un bref regard à travers la fenêtre confirma les craintes de Leïh.
Les mains liées dans le dos et la tête basse, au pied du gibet, Senerith était là. La jeune fille l'appela, la voix pleine de détresse mais sa mère la souffleta pour cet affront. Senerith releva tout de même la tête et sourit tristement à son amie. Cette dernière sentit des mains froides et fermes retenir les siennes dans son dos. Sa sœur prit un malin plaisir à forcer Leïh à imiter le jeune condamné tout en l'empêchant de faire ce qu'elle voulait faire. L'étreinte était si forte que la jeune Taslyn ne pouvait créer de boules de lumière.

Un soldat saisit le bras de Senerith et le fit monter sur le gibet. Il passa la corde autour de son cou et le bourreau fit ce qu'il avait à faire. Leïh espéra de tout son cœur que le jeune homme aurait plus d'amour propre que ça. Qu'il n'accepterait pas de mourir pour elle et qu'il se sortirait de cette situation grâce à son don de Psehr. Un vrai jeu d'enfant n'est-ce pas ?

Il n'en fit rien.



***************


Tout était prêt. Leïh venait d'appliquer le sceau au bas de la lettre. Elle avait tout rédigé de sa main en imitant une écriture d'aristocrate. Elle posa la missive sur le bureau de son époux et déposa, juste à côté, une enveloppe ouverte sur laquelle figurait sa propre adresse. Elle sortit de la pièce avec discrétion et alla dans sa chambre. Sous l'oreiller, une petite dague en argent était prête à se planter dans un cœur impur. Leïh la prit dans ses mains gantées, la contempla longuement, puis prit une profonde respiration. Elle regarda Célèste qui lui fit un petit signe solennel de la tête, lui désigna un verre du regard et la jeune Taslyn s'assit sur son lit, patiente. Elle attendit que quatre heures sonnent. L'heure où Monsieur Dremozith rentrerait et irait s'enfermer dans ses affaires frauduleuses. Elle sortit lorsque le moment tant attendu arriva. Déjà, dans le couloir, elle entendait son mari pester. Le cœur battant, elle frappa trois petits coups et entra sans attendre de réponse. L'avare ne prêta même pas attention à elle. Elle lui tendit un petit verre d'alcool dont elle savait qu'il raffolait, comme pour lui souhaiter la bienvenue dans le doux foyer. Il le but d'une traite sans poser les yeux sur elle et lui retendit le récipient pour qu'elle aille le remplir une nouvelle fois.
Mais au lieu de ça, Leïh le regarda se convulser, s'étouffer lentement, perdre le contrôle de ses membres. Il se mit à tousser du sang, lâcha le verre qui éclata en mille morceaux aux pieds de la jeune femme. La jeune Taslyn sortit la dague de son corset et la planta violemment dans le cœur de l'immonde personnage. Elle devint presque folle à tourner et retourner l'arme dans la plaie, à entendre sa victime pousser des râles incompréhensibles. Lorsqu'elle sortit la dague du cœur de son époux, il était en train de se mourir lentement. Leïh se rendit compte de la cruauté dont elle venait de faire preuve mais s'en sentit soulagée. Elle essuya le sang qu'elle avait sur le visage et prit soin d'ouvrir la fenêtre de la pièce pour que l'odeur du cadavre attire rapidement de petits rongeurs et que le mort finisse grignoté par ces ingrates créatures.

Le lendemain, la jeune femme avait quitté Dornelanth avec Célèste et s'était installé dans une somptueuse demeure, à Edinn.
Elle hérita de toute la fortune de Dremozith puisque la pseudo-justice de Dornelanth ne put rien prouver.
De sa famille, son père fut le dernier à mourir. C'est la seule personne dont elle assista à l'enterrement.
Mais depuis, il paraît qu'elle n'a jamais versé une larme.




Familier : un petit lapin blanc aux yeux noirs, souvent posté sur l'épaule de sa maîtresse et répondant au nom de Lelliki.

Arme(s) : une rapière à la garde d'argent dissimulée dans une canne
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